Articles – Techniques
Table des matières
- Gottfried Pott : Calligraphie et musique (1 de 2)
- Gottfried Pott : Calligraphie et musique (2 de 2)
- Textures et gradations
- Vignes décoratives
- Jeu de lettres en 5 étapes faciles
GOTTFRIED POTT : CALLIGRAPHIE ET MUSIQUE (1 DE 2)
Par Yannick Durand
Partie 1 d’un article paru dans L’Arabesque, hiver 1994.
Du 26 au 29 août 1994 se déroulait à Ottawa un cours de calligraphie donné par Gottfried Pott, calligraphe allemand, sur le thème « Calligraphie et Musique ». Calligraphe et musicien, Gottfried Pott, au fur et à mesure de ses recherches, associe ces deux disciplines artistiques et crée un parallèle entre la création musicale et la création calligraphique contemporaine. Par une série d’exercices progressifs, nous avons travaillé le rythme, le contraste, la composition, l’équilibre, composantes à la fois de la calligraphie et de la musique; M. Pott nous a amené à la création calligraphique de la même façon qu’un musicien travaille ses créations musicales.
1. Travail sur un rythme décroissant (decrescendo du volume en langage musical). Le rythme décroit progressivement sans que le trait soit figé. Figure 1 : feutre pinceau.
2. Travail sur la force du trait et la répétition. Chaque trait est exécuté suivant le même rythme mais ne cherche pas à copier précisément le précédent. Opposition entre la calligraphie où chaque lettre est unique et existe en tant que telle, et la typographie qui reproduit exactement la même lettre. Figure 2 : feutre pinceau.
3. Travail sur le rythme et le trait. Entrent en jeu le geste, la pression, la direction, la vitesse d’exécution, le contrôle du geste et de la spontanéité. Figure 3 : feutre pinceau.
4. Travail sur la forme. Partant d’une forme concrète de la lettre, arriver à une forme abstraite qui ne retient plus que le geste, le trait, le rythme. Intervention de la couleur (pas illustré). Figure 4 : feutre pinceau.
5. Travail sur la structure de la lettre. Intégration renforçant la structure de la lettre en continuité ou en contraste avec la forme et la graisse de la lettre : création d’une nouvelle image, d’une nouvelle signification du signe. Figure 5 : plume métallique, encre.
6. Travail du contraste sur un rythme abstrait. Amener le contraste en s’appuyant sur un trait linéaire n’ayant aucune relation avec le trait calligraphique. Figure 6 : plume, encre.
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GOTTFRIED POTT : CALLIGRAPHIE ET MUSIQUE (2 DE 2)
Par Yannick Durand
Suite du résumé d’un atelier avec Gottfried Pott. Alors que la première moitié était très ancrée dans variation rythmique, la seconde pousse l’abstraction et se lance dans la composition “à plusieurs voix” (pour continuer la métaphore musicale). Tiré de L’Arabesque, hiver 1994.
7. À partir d’un tracé linéaire abstrait, retrouver une forme de lettre concrète, devinée par l’opposition d’un trait plus gras, d’une tache.
8. Travail sur l’équilibre. Composition abstraite du cercle, du trait, du point. À cette image, on positionne un texte abstrait, une succession des traits fondamentaux qui sont les composantes de la lettre: trait horizontal, vertical, incliné, incurvé.
9. Travail sur la forme concrète. Choisir une lettre. Recherche d’une nouvelle image équilibrée en juxtaposant deux, trois et quatre fois cette même lettre. Rupture de Ia symétrie en intégrant un trait, une nouvelle structure qui sépare et fait éclater la composition: création d’un déséquilibre amenant vers un autre équilibre.
10. Travail sur le contraste du trait et l’harmonie des formes. Sur une composition prenant deux fois la même lettre, création d’une nouvelle image par un trait abstrait moins gras, d’une couleur, d’une forme différente.
11. Travail sur deux formes différentes d’une même lettre. Association de deux formes calligraphiques historiquement différentes, de deux traits de force différente, de deux couleurs différentes. Chacun des éléments est à l’opposé de l’autre: création de l’équilibre et de l’harmonie par le jeu des contrastes.
Très motivant du point de vue de Ia pratique même de la calligraphie, Gottfried Port nous a amené à une réflexion sur Ia création contemporaine et nous a donné les moyens d’explorer encore plus profondément l’univers artistique de l’écriture.
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TEXTURES ET GRADATIONS AVEC JULIAN WATERS
Par Penny Tomkins
Résumé d’atelier qui avait paru dans L’Arabesque, en automne 1994. Cet article a été révisé pour sa re-publication.
L’atelier de Julian Waters a été marqué par beaucoup de travail et d’observations amusantes, et nous en sommes sortis avec une perspective élargie sur l’utilisation de lettres pour créer des textures intéressantes et du mouvement dans notre calligraphie.
Ces deux jours nous ont aidé à comprendre comment les lettres peuvent interagir entre elles sur les plans de la texture et de la taille. Nous avons travaillé uniquement avec le tire-ligne. La plupart d’entre nous connaissions déjà cet instrument, mais pas dans sa version plus large. Il y a deux avantages au tire-ligne : son réservoir contient plus d’encre que les plumes à calligraphie traditionnelles, et sa pointe peut être penchée pour augmenter sa surface de contact avec le papier, créant ainsi des traits différents.
Les exercises étaient beaucoup trop nombreux pour être tous décrits ici, mais en regardant les exemples de travaux accompagnant cet article, vous aurez une bonne idée des différentes textures qu’on a créées.
Nous avons commencé par apprendre à manipuler le tire-ligne, et comment régler son débit d’encre. Puis, avec des pangrammes, il fallait joindre les lettres entre elles et de ligne en ligne, tout en observant où se trouvaient les noirs et les blancs sur la page. La légibilité n’était pas importante ; notre but était de voir et de construire la texture.
Nous avons d’abord dessiné des lettres en tenant le tire-ligne à 0 et à 90 degrés, pour voir la différence entre les traits. Ensuite, nous avons penché plus ou moins la pointe, pour obtenir des lettres très grasses et d’autres ultra fines. Toujours en joignant les lettres et les lignes entre elles, on examinait l’équilibre et le contraste entre les lettres de différentes épaisseurs. Avec les lettres plus grasses, les espaces blancs nous sautent aux yeux ; avec les lettres fines, on a plutôt une sensation de légèreté. Puis nous avons graduellement augmenté l’épaisseur des lettres pour créer des gradations de texture. Nous avons expérimenté avec toutes ces variations, pour bien comprendre comment générer divers effets de texture. 
Un des exercices les plus amusants était d’écrire en cercles concentriques. Certains paticipants ont obtenus des designs merveilleux. Julian avait même utilisé un cercle de ce genre pour ses cartes de Noël en 1993.
Le lendemain, nous avons procédé à une succession d’exercices progressifs pour déveloper notre façon de penser et de travailler avec l’espace, les lettres, les textures et les gradations :
- Alterner deux épaisseurs de lettres pour créer un effet de damier.

- Augmenter graduellement l’épaisseur du trait à chaque ligne, sans changer la taille des lettres.
- Changer l’épaisseur des lettres dans une même ligne.
- Varier la largeur des lettres, tout en serrant les lettres. Les lettres peuvent être grasses ou fines, mais l’espace entre les lettres doit être très petit si on veut obtenir la bonne texture.
- Jouez avec des largeurs différentes dans une même ligne, et d’une ligne à l’autre, pour créer un effet visuel excitant. Julian a comparé cet effet avec un rideau : les lettres plus larges sont diaphanes, et les lettres grasses sont opaques.
- Répéter un élément déterminé à l’intérieur d’un texte pour en changer le rythme. Travailler avec une texture dominante, qui est interrompue par une forme de lettre différente. Par exemple, nous avons écrit des lettres très condensées, et nous avons parfois brisé la texture avec des « O » ou des espaces très larges.
- Et enfin, contraster certains éléments: lettres grasses très serrées, en alternance avec des lettres minces et larges.
Julian a dit qu’il fallait visualiser la forme de la lettre, voire même l’écrire dans les airs, avant de la tracer sur le papier avec des mouvements rapides ; de cette façon, nous conservons la fluidité du mouvement sur la page.
En guise de conclusion, il a suggéré de continuer à chercher d’autres variations d’épaisseur et de taille par nous-mêmes pour élargir notre répertoire, et d’utiliser les résultats de cette recherche dans nos projets calligraphiques.
Julian nous a finalement encouragé à déveloper notre art à travers tous nos travaux, que ce soit des exercises, des oeuvres finies, ou même des erreurs !
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Par Cynthia Garinther

(Fig. 01 – Entête)
Cet article de Cynthia Garinther, rédactrice en chef du bulletin à l’époque, était paru dans L’Arabesque – Décembre 1985.

(Fig. 02 – Étapes)
- Tracez au crayon le squelette de la vigne, et quelques fleurs ou fruits principaux.
- Ajoutez les feuilles et autres motifs bien juxtaposés pour remplir l’espace entourant la vigne.
- Ajoutez la couleur (aquarelle, gouache, crayons feutres, etc…)
- Retracez à l’encre de chine noire, avec plume très fine, chaque item et l’encadrement. Pour un effet différent, utilisez de la couleur pour l’encadrement. Vous pouvez éliminer l’encadrement tout simplement en effaçant les marques de crayons.
- Si vous le désirez, parsemez la vigne de petits points dorés, au moyen de la feuille d’or, ou
à l’encre dorée.

(Fig. 03 – spécimens de fleurs, fruits et feuilles, etc… tirés de divers manuscrits)
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Jeu de lettres en 5 étapes faciles
de Edith Engelberg, tiré de L’Arabesque hiver 1994
1Tracez l’alphabet en capitales romaines, et le garder à la portée de la main. Tout autre alphabet peut être utilisé, mais celui-ci est le plus simple pour débuter.
2 Commencez avec une forme simple, comme un cercle ou un ovale. Utilisez un papier brouillon pour ce premier jet.
3 Choisissez un mot ou une courte phrase et écrivez le tout au plomb à l’intérieur de votre forme en prenant soin de suivre les lignes. De nombreuses corrections peuvent s’avérer nécessaire pour atteindre les résultats que vous visez. L’alphabet romain se prête bien à ce remodelage tout en conservant sa lisibilité.
4 Il ne faut pas trop vous soucier de respecter les proportions de l’alphabet romain, qui peuvent ici être modelées en vue de s’insérer dans l’espace disponible. Il vous est possible d’ajouter des empattements si vous le souhaitez, ce qui peut vous permettre de mieux définir la forme.
5 Lorsque vous êtes satisfait de votre pièce, il ne vous reste qu’à la réécrire ou à la tracer à l’encre ou au marqueur sur un papier de bonne qualité. Un stylo Pigma s’avère tout indiqué. Une fois l’encre séchée, effacer les lignes de crayon que vous aviez faites pour délimiter la forme.




















