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Articles – Varia

Table des matières

- Trucs, conseils et motifs floraux avec Bob Boyajian
- La Calligraphie gestuelle
- Graphologie des alphabets
- Notes sur le design – Deuxième partie
- Notes sur le design – Première partie
- …En français vous dites?
- La calligraphie est bien vivante et en santé


TRUCS, CONSEILS ET MOTIFS FLORAUX AVEC BOB BOYAJIAN
Par Sheila Usher

Résumé d’un atelier où le calligraphe américain Bob Boyajian a partagé pleins de trucs. Originalement publié dans l’Arabesque d’été 1993.  Dû à la longueur du texte original, seulement quelques extraits et détails techniques sont reproduits.

Cartes marque-place et certificats

Lorsque Bob emploie une boîte lumineuse, il évite d’utiliser du ruban adhésif pour fixer les cartes et certificats à la boîte.  Il préfère leur fabriquer une pochette-support en découpant une enveloppe.  Les cartes ou certificats sont glissés dans l’enveloppe, qui les tient solidement en place. Si vous utilisez une boîte lumineuse plusieurs heures à la fois, couvrez le reste de la surface avec du papier noir pour protéger vos yeux de la lumière.

Lorsque Bob écrit un nom sur un certificat, il ne place jamais le nom directement sur la ligne, mais plutôt au-dessus.

Pour bien centrer un nom, ne tracez pas le trait de départ ou le trait final avant que le reste du nom soit écrit.  Si vous trouvez que le nom n’est pas suffisamment centré, vous pouvez corriger l’alignement en ajoutant une longue fioriture au début ou à la fin du nom.

Sur une carte marque-place, écrivez le nom juste au-dessus du centre de la carte.

Crayon fusain blanc

Ce crayon peut servir à tracer des lignes sur du papier noir; les lignes seront plus fines qu’avec de la craie, et on pourra effacer les lignes en frottant avec un chiffon.  Le crayon s’aiguise avec un petit morceau de papier sablé.

Le tire-ligne

Vous pouvez utiliser cet instrument pour ajouter des points aux lettres d’un nom.  Nous avons employé de la gouache or pour faire des points sur des lettres noires. Pour de petits points, fermez le tire-ligne jusqu’à ce que les deux extrémités se touchent presque.  Pour de plus gros points, ouvrez davantage le tire-ligne.  Avec un pinceau de taille moyenne, appliquez la gouache délayée à l’intérieur du tire-ligne.  Essuyez tout excès.  Placez une règle à l’horizontale au centre du nom, à l’endroit où vous voulez les points. Ensuite, touchez au centre de chaque trait vertical des lettres avec le tire-ligne, laissant chaque fois un point doré.  Ne bougez pas la règle avant d’avoir terminé, pour placer les points en ligne bien droite tout le long du nom.

Ombrages

Vous pouvez ajouter un ombrage aux lettres pour leur donner un aspect tri-dimensionnel.  Pour ombrer des lettres noires, Bob utilise de la gouache gris ou argent, et pour des lettres rouges, gris ou jaune ocre.  Ne placez pas le trait d’ombre directement contre la lettre; laissez plutôt un espace pour obtenir des zones noires (la lettre), blanches (l’espace) et grises (l’ombre).  Une fine pointe flexible (copperplate) ou une pointe large peuvent servir à tracer les ombres.

Motifs floraux

Pour créer des fleurs, nous avons utilisé avec une plume spéciale divisée en trois (chaque trait donne trois lignes).  Note de l’éditeur : vous pouvez aussi utiliser un bâtonnet de balsa taillé pour avoir trois pointes, ou utiliser des plumes à deux ou à cinq traits.

On peut remplir avec une couleur différente de chaque côté de la pointe; les deux couleurs se mélangent au centre pour donner une troisième couleur, produisant ainsi un triple trait avec trois différents tons ou couleurs.  Éd.: Le mélange des couleurs ne fonctionnera qu’avec une plume qui a un réservoir; pas avec le bâton de balsa.

Bob a montré comment tracer les pétales d’une fleur sur une enveloppe, en tournant celle-ci de quelques degrés après chaque trait jusqu’à ce que la fleur soit complète.  Il a comparé la fleur à une roue ou un cadran, les traits partant du centre vers l’extérieur.  Une fois les traits bien secs, il a trempé la plume dans l’eau colorée pour tracer des pétales secondaires entre les premiers, cette fois en les épongeant immédiatement avec un buvard.  La transparence de l’eau colorée et l’effet du buvard ont produit des pétales pâles contrastant avec les premiers, foncés.  Avec le coin de la plume, il a ensuite placé quelques points minuscules près des pétales et, comme touche finale, a ajouté des brillants au centre de la fleur et ailleurs.

Bob avait apporté plusieurs petits buvards blancs dont il s’était servi pendant un certain temps, imprégnés d’encres de couleurs assorties.  Ensuite, avec de l’eau claire sur papier blanc, il a tracé des motifs, lettres ou fioritures avec une plume ou un pinceau; il a rapidement épongé avec un de ces buvards.  Les traits humides ont capté les couleurs du buvard, créant un arc-en-ciel de couleurs pâles.

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LA CALLIGRAPHIE GESTUELLE
Par Yannick Durand

Yannick Durand

Témoignage publié dans L’Arabesque, hiver 2002. Yannick Durand, qui a pratiqué et enseigné a calligraphie, a été une figure de proue pour la calligraphie à Montréal, tout particulièrement la calligraphie contemporaine.

Si mon apprentissage de la calligraphie a été très traditionnel, mes recherches personnelles, elles, se situent à un niveau contemporain.

Je joue avec le trait, je joue avec la forme, je joue avec la couleur et le contraste. Un jeu qui se base, cependant, sur les formes traditionnelles et on comprend facilement l’importance de passer par cet apprentissage-là : mes experiences personnelles prennent leur source dans la calligraphie on ne peut plus traditionnelle, pour mieux m’en échapper et nourrir constamment ce que j’appelle mes élucubrations ou mes gribouillis, comme vous voulez!

Mes recherches ont davantage pour sujet la lettre que le texte : la lettre, considérée comme entité, me fascine et je n’en ai pas fini d’étudier la lettre séculaire… pour m’envoler le plus loin possible d’elle! Mon travail est, dans un premier temps, un travail d’étude puis, dans un second temps, un travail de déstructuration. Cette deuxième étape peut se faire la plume à la main… ou dans la tête : la réflexion fait partie intégrante de ma démarche, une réflexion qui suit son propre chemin, parfois à mon insu. Pour en arriver à une nouvelle structure, une nouvelle image… Où sentiments et emotions vont s’exprimer… Avant toute autre chose, la lettre est pour moi vecteur d’émotion. Porteuse d’un ressenti profond et intense.

Calligraphie contemporaine, qu’entendre par-là ? Donald Jackson, lors d’un cours donné à Montréal, disait fort justement: « nous ne ferons jamais mieux que les moines ». Effectivement ! Et la démonstration n’est plus à faire de l’esprit d’une époque, d’une société, d’une culture régnant, entre autres, dans les monastères, particulièrement propice à l’acte suprême d’écrire par opposition à notre vingt et unième siècle où tout fonctionne à l’opposé de cette ancienne culture. Tout au moins pouvons-nous nous imprégner de cet héritage qui nous a été légué et vouloir le faire perdurer. Mais ne serait-ce pas notre rôle, scribes (nous appelons-nous encore de cette façon?) modernes, de porter cet héritage ailleurs, en d’autres lieux, en d’autres sphères, en d’autres significations et autres images?

La calligraphie contemporaine a bien du mal à prendre sa place, à acquérir (un comble!) ses lettres de noblesse, à être encore considérée comme de la calligraphie. Flirtant avec le monde de l’abstraction, à la limite de l’art pictural, on a du mal à nommer ces quelques tentatives « calligraphie ».

Pourtant, si on revient à l’étymologie du mot, on sait bien que l’on parle de « belle écriture ». Le terme « écriture », cependant, ne se limite pas seulement à la lettre. Les dessins des grottes de Lascaux sont une écriture au sens large du terme. Les tableaux de certains peintres sont aussi écriture. L’écriture, c’est aussi la trace. Le trait, composant d’une lettre, n’est-il pas trace, en son sens premier?

Au-delà d’un rôle éducatif lié à une certaine esthétique, la nouvelle interprétation de la lettre, expression contemporaine de règles séculaires, révèle le sens artistique de la lettre. Et ma foi, peu importe l’appellation !!!

Yannick Durand

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GRAPHOLOGIE DES ALPHABETS

Par Clorilda Lavoie

Article rédigé en 1996 par Clorilda Lavoie, g.p.c.a, qui était alors présidente de l’Association des Graphologues du Québec, et directrice de l’Institut Grapho-Logique. C’était en réponse à la demande spéciale d’un de nos membres, Jean-Luc Ferret, qui avait envoyé quelques paragraphes de chaque alphabet à Mme Lavoie. L’article avait paru dans L’Arabesque de septembre 1996.

Dans le but de répondre au souhait exprimé par M. Jean-Luc Ferret, calligraphe professionnel, il me fait plaisir de donner l’interprétation graphologique de la calligraphie à travers les âges.

Et afin de situer ce travail dans son contexte, je me permets de rappeler les definitions concernées par cette recherche, selon le Petit Larousse.

Calligraphie: art de former d’une façon élegante et ornée les caractères de l’écriture.

Graphologie : technique de l’interprétation de l’écriture considérée comme une expression de la personnalité.

Comme il a été entendu avec M. Ferret, pour chacun des genres, je me limiterai a quelques lignes directrices qui se veulent une synthèse de la personnalité des auteurs de ces modèles et par le fait même, de la personnalité des gens de cette époque.

  1. ONCIALE (3e au 5e siècle) : Époque qui a privilégié la bonté, le sentiment, la bienveillance, la réserve et la modération.
  2. DEMI-ONCIALE (6e au 8e siècle) : Cette période a été caractérisée par une invitation à la creation et à la culture. Ce fut aussi une période orale où on a eu tendance à tout prendre.
  3. ONCIALE ARTIFICIELLE (6e au 10e siècle) : Chaleur, présence, sensualité et désir de jouir pleinement de la vie ont caractérisé cette époque. Le système d’organisation était inspiré par l’intérêt personnel.
  4. MINUSCULE INSULAIRE (8e et 9e siècle) : Ce fut une ère d’ouverture sur le plan social, où le dynamisme et l’enthousiasme s’exprimaient, laissant ainsi de la place à l’affirmation de soi.
  5. CAROLINE (9e siècle, Charlemagne) : La Caroline était moins conformiste. Elle était plus sociable et plus fantaisiste. Accueil et respect envers l’autre la caractérisaient.
  6. ROMAINE CLASSIQUE (1er au 11e siècle) : Cette écriture a marqué son époque par ses stéréotypes. Il n’y avait pas de place pour les émotions et la personnalisation, on portait un masque.
  7. RUSTIQUE (1er siècle jusqu’au Moyen-Âge) : La Rustique a invité les individus à s’ouvrir aux valeurs sociales, à ne pas demeurer statiques mais au contraire à envisager le progrès et l’avancement.
  8. GOTHIQUE (12e siècle jusqu’à la Renaissance) : Époque d’inhibitions où la rigidité, la méfiance et les contraintes ont étouffé l’intuition et la créativité.
  9. ROTUNDA (Gothique ronde, 14e et 15e siècles) : Une intelligence plus active a marqué ce style d’écriture. Il y a eu aussi une ouverture aux innovations et moins de rigidité dans les comportements.
  10. BÂTARDE (Gothique bâtarde, 15e siècle) : La Bâtarde est instable, elle manque d’ordre et de clarté dans ses idées. Elle prône Ia fantaisie et cultive son « paraître ».
  11. HUMANISTE (15e et 16e siècles) : L’humaniste provient d’une période où s’est exprimé l’imagination, autant sur le plan abstrait que sur le plan du concret. La place accordée à l’autre a permis à l’individu d’associer douceur et fermeté.
  12. ITALIQUE (16e siècle) : Cette période a été propice à l’analyse et à l’investigation. La faculté de persuasion et l’attachement aux idées des individus de cette époque, expliquent sans doute en partie leur propension à l’impatience.
  13. ANGLAISE (18e et 19e siècles) : Cette époque a été caractérisée par des aspirations profondes s’exprimant de façon particulière sur les plans spirituel et philosophique. C’était une invitation constante à la maîtrise de soi et à la perfection.

Voilà donc très brièvement, un aperçu des personnalités qui se sont cachées derrière ces modèles calligraphiques.

C’est bien amicalement que je remercie M. Jean-Luc Ferret de m’avoir procuré l’opportunité de faire ce lien entre calligraphie et graphologie. Je deplore n’avoir pas pu consacrer plus de temps à cette recherche passionnante qui illustre bien l’évolution des « personnalités » des siècles passés.

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NOTES SUR LE DESIGN – DEUXIÈME PARTIE : THÉORIE GESTALT ET LOGOS

Par Louise Christensen

Voici le second de trois articles écrits par la Louise Christensen sur le design calligraphique et la mise en page. Originalement publié dans L’Arabesque – septembre 1988.

Le bruit visuel peut être une véritable cacophonie! Imaginez écouter la radio sans synthoniser une station : le grichement parasite vous rendra fou! L’oeil humain lui aussi est constamment bombardé de stimuli visuels (images, formes et couleurs) qui vibrent tous en même temps. Heureusement, nos yeux sont des instruments sophistiqués, capables d’ignorer le surplus d’information (le champ périphérique) et se concentrer sur un objet en particulier. Ce que tout bon designer doit savoir, c’est comment manipuler cette concentration de l’oeil, de sorte que nos messages visuels soient des communicateurs efficaces. Nous y arrivons en organisant l’espace de notre message graphique.

En applicant certaines règles d’organisation spatiale,  nous pouvons créer des motifs familiers qui aident à définir l’espace. La théorie Gestalt, dévelopée par des psychologues au début du vingtième siècle, peut nous donner des outils pour structurer cet espace. « Gestalt » est un mot allemand qui réfère à la forme, la configuration, ou l’espace. La Gestalt, ou psychologie de la forme, affirme que la réponse d’un organisme à une situation donnée est un tout à part entière, et ne peut pas être analysée comme une simple somme de réactions à des éléments spécifiques de la situation.

Théorie Gestalt :

  1. Les parties d’une image visuelle peuvent être considérées, analysées, et évaluées en tant que composantes individuelles, mais
  2. L’image visuelle complète est différente, et forme un ensemble plus grand que la somme de ses composantes.

Dans le premier article, nous avons étudié comment le contraste, la relation forme/fond et l’équilibre peuvent être manipulés pour provoquer certaines réponses chez l’observateur. Ajoutons maintenant d’autres principes.

Fermeture – Les humains recherchent un sentiment d’harmonie et de stabilité dans leur vie.  Afin de trouver cette harmonie, nous avons tendance à inconsciemment compléter les formes inachevées ou déséquilibrées.  Par exemple :

(fig. 1)

Similarité – Des éléments identiques ou qui ont une ressemblance marquée seront regroupés.

(fig. 2)

Continuation – L’oeil a tendance à suivre une ligne donnée (qu’elle soit droite ou courbée). Même si les formes de cet exemple sont abstraites, nos yeux sont attirés dans une direction spécifique.

(fig. 3)

Proximité – Des éléments rapprochés (dans une séquence, dans l’espace, dans le temps ou selon un degré donné) seront perçus comme une seule entité. Par exemple :

(fig. 4 – Les lettres individuelles forment une seule unité / Le B est perçu séparément)

Vous avez maintenant des outils puissants dans votre arsenal, qui vous permettrons de tailler, rogner, sculpter et ciseler l’espace. Cela peut vous sembler intimidant au début (et un peu bête), mais ces outils seront rapidement assimilés. Moi-même je me réfère souvent à ces règles toutes simples quand j’aborde ou analyse un problème.

Utilisez ces règles pour créer vos logos calligraphiques. Essayez cependant de vous limiter aux formes géométriques de base (carrés, rectangles, cercles, etc). Soyez simple, mais audacieux. Le logo devra être reproduit dans plusieurs tailles; n’hésitez pas à le retoucher pour la réduction, en épaississant les lignes fines qui autrement disparaîtraient. Quand vous créez un logo, travaillez toujours en noir et blanc; ne laissez pas la couleur vous distraire. (Rapellez-vous que le logo sera photocopié.) Utilisez seulement de la gouache ou de l’encre noire pour votre version finale; pas de crayon ou d’aquarelle! (Ces médias ne sont pas assez foncés, et se photocopient difficilement.) Intégrez l’espace négatif dans votre design. Assurez-vous que les proportions restent harmonieuses.
TRUC: Pour connaître les proportions d’une image que vous voulez agrandir ou rapetisser, tracez une ligne diagonale qui traverse votre rectangle. Suivez la diagonale jusqu’à ce que vous ayiez atteint la hauteur ou la largeur désirée. Tirez une ligne perpendiculaire qui intersecte à ce point. (Note : Une seule dimension, la hauteur ou la largeur, vous servira de référence; l’autre dimension sera le résultat de cette opération.)

(fig. 5)

Projet – Créez un logo calligraphique dans un carré. Vous ne devez utiliser qu’une seule lettre, et elle doit toucher aux quatre côtés. Votre lettre peut sortir du carré, si vous voulez, mais d’un seul côté. En noir et blanc seulement. Commencez GROS. Votre carré devrait mesurer 3 pouces par 3 pouces, et votre trait devrait avoir 3/4 pouce de largeur. Rappelez-vous que le logo pourrait être réduit de moitié sur une envelope ou du papier lettre.  Travailler en gros format aide à voir les espaces négatifs. Amusez-vous à faire des photocopies de votre logo terminé, et utilisez-les en mosaïque pour créer un design abstrait. Maintenant, ajoutez de la couleur; vous pouvez, par exemple, remplir les espaces négatifs pour donner un effet de vitrail. Pour les plus hardis, réduisez votre logo à la taille d’une pomme de terre ou d’une gomme à effacer, et gravez-y votre estampe personnalisée. (N’oubliez pas d’inverser votre design.) Ne vous retenez pas – les possibilités sont infinies.
Dans le prochain article, je vous présenterai la grille comme outil de mise en page, et je partagerai quelques trucs d’artiste pour éviter la panique à deux heures du matin.
Bibliographie :
Notes on Graphic Design and Visual Communication, par Gregg Berryman, 1979, William Kaufman, Inc.

Designing with Type, a Basic Course in Typography, par James Craig, 1980, Watson-Guptill Publications.

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NOTES SUR LE DESIGN – PREMIÈRE PARTIE

Par Louise Christensen

Louise Christensen a écrit une série de trois articles sur la mise en page graphique. Voici le premier, publié dans L’Arabesque de juillet 1988.

Design : concevoir et élaborer, faire des croquis préliminaires, arranger ou démarquer; créer un modèle ou un croquis de quelque chose; l’arrangement d’éléments qui constituent une structure ou une œuvre d’art; un schéma de base qui gouverne le fonctionnement, le développement ou l’encadrement de quelque chose (dictionnaire Merriam-Webster).

Le design, c’est l’utilisation organisée, rationnelle et définie d’un espace. Ce n’est pas le fruit du hasard. Un bon design, peu importe le médium, est un mélange de perception spatiale, de théorie des couleurs, d’exécution technique, d’histoire et de psychologie. Dans cette série de Notes sur le design, j’espère vous donner, peu importe votre niveau, quelques petites suggestions et des règles qui vous aideront à surmonter vos problèmes de composition en calligraphie (ou ailleurs). Le design n’apparaît pas par magie. Il faut le cajoler doucement et le pousser tranquillement vers un équilibre. Le savoir-faire transmis dans ces articles vous aidera à comprendre comment l’œil humain perçoit les images. Voyons maintenant quelques principes d’analyse de techniques visuelles :

1. CONTRASTE (forme/fond)

Forme : Les éléments positifs, qui apparaissent par-dessus un champ ou un fond.

Fond : La perception du champ, du blanc ou de l’espace négatif autour de la forme.

Par exemple :

(Fig. 01 – Pancarte « à vendre ». Les lettres sont la forme, la pancarte est le fond.)

Ce qui nous permet de percevoir la relation entre la forme et le fond, c’est le contraste entre les deux. Par exemple, dans la pancarte « à vendre », si les lettres (la forme) étaient gris pâle au lieu de noir, elles donneraient l’impression de reculer et de se fondre dans le blanc (le fond), car on ne pourrait pas voir la relation entre les lettres et la surface de la pancarte. Le contraste nous donne donc une ligne, une frontière qui permet de délimiter un espace et de créer une perception de profondeur. Faites l’exercice ci-dessous pour mieux comprendre cette notion.

Avec un feutre noir ou un crayon de plomb, noircissez la zone « A » dans le diagramme Protubérance (voir figure 2). Puis, appliquez une couleur très pâle dans la zone « B ». Ensuite, dans le diagramme Fuyant, noircissez tous les triangles marqués « R ». Le contraste a transformé un simple tracé de lignes d’abord en figure positive et protubérante (image d’une boîte en trois dimensions), un objet placé devant un espace ou fond blanc. Dans le design fuyant, la relation est tout autre : l’angle formé par les trois lignes semble au contraire s’éloigner de nous dans un espace négatif (fuyant). En expérimentant avec les contrastes dans vos formes de lettres, essayer d’obtenir des extrêmes : quel est mon noir le plus noir et mon blanc le plus blanc? Rappelez-vous également que l’espace entre vos lettres est votre fond et qu’il est tout aussi important que les lettres elles-mêmes.

(Fig. 02 – Design en protubérance et design fuyant)

2. PSYCHOLOGIE

Passons maintenant à la psychologie… Le placement général de votre image sur la page crée aussi une relation forme/fond. (Le fond est délimité par la forme de votre papier ou par la taille de votre passe-partout dans un encadrement.) Un design bien équilibré dégage une sensation de calme, de symétrie et d’harmonie. L’esprit humain, guidé un peu par la force de la gravité, tentera toujours d’aligner ou de contrebalancer des choses réparties inégalement. Il s’ensuit donc qu’un design asymétrique générera des sentiments plus forts (et parfois négatifs) et sera plus dynamique. Essayez de visualiser par où votre regard entre dans la page, son parcours sur la page, et par où il sort. Une conception classique comme une invitation formelle à un mariage est un bon exemple, puisqu’on connaît bien cette mise en page. La forme est centrée, symétrique, équilibrée. L’œil entre normalement en haut à gauche, suit les lignes selon leur ordre de priorité (déterminé par les contrastes de taille, d’épaisseur, de style, de couleur, etc.), souvent de haut en bas, puis retourne en haut. Ce parcours, si on le retrace avec des flèches, donne une forme en « X », une lettre symétrique.

Voici quelques mises en page qui nous touchent très différemment sur le plan des émotions :

Design équilibré – Cherchez la forme en « X ». L’œil reste fixé sur la page.

(Fig. 03)

Design dynamique – L’œil entre par la gauche, tombe rapidement, puis sort de la page dans un mouvement vers le haut (positif).

(Fig. 04)

Sombre. Statique, discret, minimaliste, placé très bas sur la page. L’œil parcourt une ligne relativement droite et calme.

(Fig. 05)

Enjoué. Un peu humoristique. L’œil rebondit partout.

(Fig. 06)

Réfléchissez au sentiment que vous désirez exprimer. Examinez votre mise en page et disposez vos espaces positifs et négatifs de façon à ce qu’ils communiquent avec l’ensemble. Rappelez-vous que l’œuvre est toujours plus grande que la somme de chacune de ses composantes.

Alors, pour résumer, nous avons survolé les notions de contraste, de forme et de fond (positif, négatif), d’équilibre et de dynamisme comme techniques de design. Dans le prochain article, nous examinerons d’autres notions de psychologie pour un design saisissant, ainsi que l’utilisation de grilles pour la mise en page, puis les logos calligraphiques.

J’espère que cet article vous aide à comprendre un peu mieux les mécanismes de pensée qui sont éveillés par les images graphiques. Je vous encourage à pratiquer votre œil en scrutant les logos et les emballages des produits de consommation. Créez un dossier de référence où vous colligerez vos images favorites et des utilisations intéressantes de relations forme/fond. La prochaine fois que vous aurez le syndrome de la page blanche, regardez ce dossier pour vous inspirer et pour évoquer vos futurs chefs-d’œuvre. À la prochaine!

(Note : Pour étudier les relations forme/fond, il est préférable de commencer en noir et blanc seulement – les couleurs apportent une complexité additionnelle.)

BIOGRAPHIE (1988)

Louise Christensen travaille à son compte à Montréal, comme designer graphique et calligraphe. Elle a jadis commencé sa carrière avec un diplôme d’ingénieur en techniques mécaniques, puis a travaillé dans ce domaine comme technicienne pour Corning Glassworks. Elle a éventuellement déménagé à Boston, Massachusetts, pour suivre des cours professionnels en design graphique à la Rhode Island School of Design, à Providence, R.I. Elle a aussi obtenu un baccalauréat en beaux-arts et en arts décoratifs du Rochester Institute of Technology, spécialisé en design des communications graphiques. Elle travaille depuis, d’une date de tombée à l’autre.

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… EN FRANÇAIS, VOUS DITES?

Nous reprenons ici deux articles originalement publiés dans L’Arabesque – un très court lexique de 10 mots publié en mars 1987, et un lexique plus complet de novembre 1998. Le lexique de 1998 a été compilé par Luc Saucier. Malheureusement, le premier auteur est resté dans l’anonymat. Les sources sont les livres du calligraphe français Claude Mediavilla, et deux calligraphes montréalais, Jean-Luc Ferret et Yannick Durand.

Certains termes désignant les instruments propres à la calligraphie sont, Amérique oblige, connus uniquement sous leur vocable anglophone. Qu’à cela ne tienne! Voici donc, en grande primeur, un petit lexique anglais-français (genre inclus) pour ne plus y perdre votre latin.

ascender = la haste; l’ascendante (à tort: la hampe)
Bookhand script = la lettre de livre
bowl (of round letters) = la panse (de la lettre)
burnisher = le brunissoir
Carolingian script = la lettre caroline
Copperplate script = la lettre anglaise
deckle = la frange
descender = la queue; la hampe; la descendante
egg tempera = la tempera à l’oeuf; la détrempe
ferrule = la virole
flourish = la fioriture, le paraphe (ou le fion)
flourishes = des arabesques (fem.)
foot (of letter) = le pied (de la lettre)
Foundational script = la lettre académique
gesso = le blanc d’apprêt
gilding = la dorure
gilding cushion = le coussin à dorer
guidelines = les portées (fem.)
handle = le porte-plume (manche est trop général)
illumination = (une) l’enluminure
loose-leaf gold = la feuille d’or libre
negative (inner) space = le contre-poinçon, la contre-forme (de la lettre)
patent gold = la feuille d’or collée
pen width = bec de plume
pumice = la pierre ponce
quill = la plume (d’oie ou de cygne)
secotine (glue) = la colle secotine, ou de poisson
serif = (un) l’empattement de la lettre
shell gold = (un) l’or à la coquille
size = le mordant
slant = la pente
square-cut nib = la plume de ronde; la pointe carrée
stem (of letter) = le fût (de la lettre)
stick ink = le bâtonnet d’encre
stroke sequence (ductus) = le ductus
tail (of lettre) = la volute (tant pour le haut que pour le bas)
thick = le plein
thin = le délié
to burnish = polir ou brunir
to flourish = embellir, enjoliver, ornementer (approximatifs)
watercolour = (une) l’acquarelle
watermark = le filigrane
x-height (body) = le corps de la lettre
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La calligraphie est bien vivante et en santé.

Kathy Feig

Traduction : Julius Mercure

Depuis les débuts de l’Histoire, les sages ont déclaré “La plume est plus puissante que l’épée” . Toutefois, peu d’entre nous ont vraiment appris comment utiliser une plume. À l’école Sutton Elementary, niveaux 1,2 et 3 , on a commencé à s’adonner à cette pratique. On y apprend l’Italique à l’aide d’un cahier de travail intitulé :”Italic Hadwriting Series” de Barbara Getty et de Inga Dubay. Qu’est-ce que l’Italique et pourquoi est-ce une méthode plus facile et plus efficace?

Chancellerie cursive

Le style d’écriture Italique, aussi connu sous le vocable “Chancery Cursive”, origine d’Italie dans les années 1500. Le premier manuel fut créé par Ludovic degli Arrighi, en 1522. Plusieurs autres auteurs se succédèrent, dont G.A. Tagliente, G.B. Palatino et Gerard Mercator. Ce style italien, à cause de sa clarté et de la lisibilité, devint vite le style le plus communément enseigné en Europe du 16e au 19e siècle. L’italique est le style le plus facile et efficace à apprendre et à enseigner parce que ses formes sont basées sur la forme de lettres la plus naturelle et la plus stable. Elle ne nous fait pas défaut quand nous accélérons et la confusion qui peut exister dans la transition avec le caractère imprimé est épargnée. Fini les boucles compliquées! Attacher les lettres ensemble amène confusion et distorsion. La forme de la lettre imprimée et le style cursif sont essentiellement les mêmes, sauf les lignes horizontales ou diagonales qui joignent les deux lettres.

Au départ, un vocabulaire simple est enseigné afin de se référer plus facilement à différents mouvements. Ensuite, les ovales, les arches et les diagonales (zigzags) sont pratiqués. Plusieurs adultes ont réussi à améliorer leur propre écriture en se contentant de pratiquer les zigzags. Dans le cahier A, les lettres sont introduites par familles et non par ordre alphabétique. Par exemple K V W et X sont regroupées à cause de leurs diagonales. Ce faisant, la confusion avec B et D, qu’on rencontre dans la méthode Palmer, est évitée. De quel côté de la boule placez-vous le trait droit montant – à gauche ou à droite? Fini le problème! Dans chaque cahier d’exercices, les lettres sont d’abord enseignées en les traçant et ensuite en y allant par soi-même. Si c’est trop difficile, on continue à tracer jusqu’à ce qu’on arrive finalement à se libérer de cette contrainte.

L’écriture calme les nerfs et favorise la concentration. Elle inculque les habitudes de travail soigné et de précision tout comme la mathématique, la musique ou la danse. Elle permet à celui ou celle qui écrit de découvrir le rythme et le contrôle tout en améliorant son attention et sa mémoire. L’écriture est, en soi, une forme d’aide-mémoire. Elle procure aux enfants un moment tranquille pour penser, réfléchir et apprendre. Cela permet à ceux-ci de décompresser et de découvrir qui ils sont. Plusieurs études ont démontré que ce qui est appris entre 4 et 8 ans exerce un puissant impact sur la mémoire pour le reste de la vie. Tout ceci à travers le contrôle spécifique des mouvements faits avec un crayon.

Le style Italique est ordre, simplicité et grâce en mouvement. Quand les enfants obtiennent un produit intéressant avec leurs mains, leur estime de soi s’épanouit et leur confiance en soi s’accroit. Et cela se poursuit de la cantine à la cour d’école jusqu’à travers leur vie de tous les jours. Introduire la posture correcte et la manière de tenir la plume à ce jeune âge, permet une manière plus sûre et positive qui se répercute dans les autres cours. La pratique quotidienne de l’écriture aide l’enfant à mieux dessiner puisqu’il apprend les relations entre lignes et espaces. L’unité dans la tête, dans la main et le coeur donne des résultats non seulement en dextérité de la main, en apprentissage cognitif et en communication de l’idée mais aussi dans la paix de l’esprit.

Si vous mettez la main sur une copie de “Old Farmer’s Almanach, Edition 2001“, vous trouverez un article (p. 246) de B. Getty et A. Maier sur l’écriture et l’Italique.



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